Le présent projet travaille sur les notions de visibilité et d’invisibilité de et dans la ville: comment le visible et l’invisible s’articulent-ils dans l’imaginaire, dans la mémoire, dans les représentations, dans le mythe, dans la cité elle-même? Comment le sujet moderne construit-il son identité en relation avec l’espace, visible et invisible, qu’il habite et qui l’habite ? Quelles sont les stratégies du sujet, notamment les stratégies d’écriture, qui lui permettent d’habiter l’espace urbain ? Comment rendre visible l’invisible par l’écriture, quel que soit le support (textuel, pictural, architectural, numérique etc.) ? Peut-on parler d’une nouvelle géographie de l’identité dans ce contexte ? Si oui, quelles en sont les caractéristiques ?
Workshop 15 octobre 2010
Les inscriptions des villes invisibles
Le livre d’Italo Calvino Les villes invisibles (Le città invisibili, 1972) expose les enjeux littéraires de la visibilité de la ville. La littérature assigne à la ville une fonction sémiologique complexe : la ville est certes un texte, mais dont les lettres ne sont pas nécessairement ni visibles ni lisibles. Walter Benjamin invite dans son Passagenwerk (1991) à « lire ce qui n’est pas écrit », c’est-à-dire à déchiffrer, à décoder l’ensemble des signes que la ville propose.
Lors de ce workshop, nous poursuivrons notre investigation des villes invisibles en élargissant notre recherche à des supports qui ne sont pas seulement littéraires, mais qui peuvent aussi être picturaux ou graphiques. Le texte de la ville peut être lu à travers des inscriptions concrètes dans la ville (affiches, noms de rue, tags, trompe-l’œil…) ou à travers ce qui échappe au regard du spectateur sur un tableau, une peinture, une photographie, une fresque.
